Leaderdhom :
« Jean-Marc qui es tu ? » Je suis né en Martinique en 1975 l’année symbolique où la Martinique recevait les mêmes billets et pièces de monnaie en circulation en France Métropolitaine. Ma scolarité a été rythmée par mes années au collège Renan et au lycée Bellevue où j’ai obtenu mon Baccalauréat en Techniques Commerciales en 1993. A l’âge de 17/18 ans, une de mes cousines, revenue d’un long séjour à Atlanta, m’a donné envie de partir aux Etats-Unis. Je me souviens qu’en 1992, je cherchais à poursuivre mes études aux Etats-Unis, mais les coûts d’inscription étaient rédhibitoires. A défaut, j’ai convaincu ma mère de m’envoyer en France métropolitaine. En 1993, j’ai atterri à Roubaix, Nord Pas de Calais, où j’ai vécu 5 ans le temps d’obtenir un BTS en Force Vente (Lycée Emile Zola) et un diplôme d’Ingénieur Commercial en Services Informatiques (Ecole Euridis). Cette dernière expérience m’a finalement ouvert en 1997 les portes de deux éditeurs de logiciels (Business Objects et SAS France), où j’ai exercé pendant 3 ans la fonction d’ingénieur télémarketing. En 2001, j’ai rejoint le groupe HP France en tant qu’Ingénieur Commercial Solutions (CRM & ERP). Six ans plus tard, le groupe HP a annoncé un vaste plan social et économique. En France, nous avions la possibilité de nous porter volontaire au départ, et j’ai saisi cette opportunité afin de me donner les moyens de vivre mon rêve Américain. Au mois de Juillet 2006, j’ai quitté la France Métropolitaine enrichi par l’expérience de nombreuses réalisations personnelles, professionnelles, et de voyages dans près de 25 pays.
Leaderdhom :
« Tu as choisi de reprendre le chemin des études, pour valider un nouveau diplôme mais cette fois -ci à l’américaine, pourquoi un tel choix, la mobilité impose t’elle une remise à niveau constante pour rester compétitif? » J’ai repris mes études afin de préparer et optimiser la création de mon entreprise aux Etats-Unis. A l’époque, beaucoup d’ami(e)s Français trouvaient que c’était une idée folle de reprendre mes études à mon âge. En arrivant aux Etats-Unis, j’ai trouvé le réconfort en voyant d’autres adultes sur le campus d’UCLA. Mes études m’ont permis d’améliorer mon Anglais, me familiariser avec le monde des affaires Américain, de comprendre le marché économique et ses dynamiques, d’être formé par des professionnels et entrepreneurs, et enfin de mieux comprendre la culture américaine et sa population. Grâce à un emploi du temps flexible, j’ai eu également le temps de développer mon réseau et démarrer mon étude de marché. Avec le recul, je considère que si j’avais lancé mon entreprise à arrivée aux Etats-Unis (septembre 2006), mes chances de succès auraient été plus qu’aléatoires. Se fut une bonne chose de prendre et d’apprendre leurs techniques, d’analyser leur environnement et de les écouter. Finalement, je pense que rester à niveau est fondamental pour ceux et celles qui veulent survivre et se développer dans nos économies actuelles.
Leaderdhom :
« Tu es parti en 2006 vers les USA, cette conquête du rêve américain était – elle essentiel pour donner une nouvelle dimension à ton identité professionnelle? » En fait, quand je me suis porté volontaire au départ, je cherchais à donner une nouvelle dimension à ma vie. J’étais profondément partagé entre un retour en Martinique dans le but d’y ouvrir mon entreprise et mon attrait pour les Etats-Unis. Apres avoir mûrement étudié la question et consulté mes proches, j’ai choisi de partir aux Etats-Unis pour vivre pleinement mon rêve américain, me challenger et finalement créer ma société dont l’un des objectifs est de favoriser les échanges entre l’Outre Mer et les Etats-Unis.
Leaderdhom :
« Les termes de « développement personnel, de culture et valeur d’entreprise, de coaching d’entreprise » sont depuis cinq ans de plus en plus appliqués dans les sociétés françaises. Toi qui a eu l’occasion de faire tes preuves dans un parcours professionnel traditionnel en France, quelles sont les différences d’applications managériales qu’on retrouve aux usa et non en France ? » Mon expérience professionnelle en France et aux Etats-Unis m’a montré que les applications managériales varient d’une entreprise à l’autre, d’une industrie à l’autre et d’un secteur à l’autre (privé versus public). J’ajouterais que cela dépend aussi de la personnalité, de l’expérience et de la formation du manager. En France, où j’ai travaillé uniquement au sein de filiales françaises de groupes américains, les approches managériales variaient d’un service à l’autre au sein de la même entreprise. Mon expérience aux Etats-Unis m’a montré que les entreprises mettent plus en avant des sujets comme l’éthique, la lutte contre le harcèlement sexuel, les protections contre les discriminations ou encore le travail en équipe.
Leaderdhom :
« Devenir entrepreneur, te semble t’il plus facile à concrétiser aux Etats unis qu’en Europe ? En tant qu’expatrié, existe-t-il une possibilité d’accéder aux aides comme un citoyen ordinaire ? » Pour les démarches administratives, il est, c’est vrai, plus facile d’ouvrir une entreprise aux Etats-Unis qu’en France. En revanche, devenir et réussir en tant qu’entrepreneur, n’est pas à mon avis lié à un pays en particulier. Ce qui reste déterminant dans le succès d’un entrepreneur c’est son business plan, son réseau de contacts, sa compréhension du marché, son analyse des besoins des clients, son accès à des capitaux, sa capacité prendre des risques et son aptitude à déceler les opportunités. Parmi les grands avantages des Etats-Unis, je citerais entre autre les nombreuses ressources en ligne et la variété des consultants (offrant flexibilité, assistance et une certaine souplesse dans les contrats). Dans mon cas, j’ai rencontré mon comptable à un séminaire organisé par la chambre de commerce de Los Angeles. Par la suite, il lui a fallu moins de deux heures pour gérer les formulaires d’enregistrement de ma société. Quelques semaines plus tard, j’ai demandé le numéro d’identification de mon entreprise (Employer Identification Number or Federal Tax Identification Number) par internet, et la procédure a duré moins d’une heure. Concernant les aides, des supports comme les prêts pour petites entreprises (SBA loans) sont ouverts aux expatriés disposant d’une carte verte ou ayant la citoyenneté américaine. Pour les autres profils, vous pouvez trouver de l’assistance gratuite au sein d’associations comme SCORE, des bibliothèques (le lieu parfait pour faire des recherches et trouver des salles de réunions à faible coût), des universités et associations d’étudiants et de certains réseaux offrant des conseils et du sponsoring.
Leaderdhom :
« Qu’envisages-tu dans le futur pour tes projets ? Peux-tu nous en parler ? » A court terme, je développerais ma jeune société U in the USA dans l’état de Californie. Par la suite, je prévois d’exporter le concept dans d’autres états Américains. Des voyages en Europe et Outre Mer sont également prévus pour rencontrer les étudiants et stagiaires cherchant à venir aux Etats-Unis.
Leaderdhom :
« Fais nous découvrir la Californie en quelques mots ? » La Californie m’a séduit à travers ses diversités (peuples, langues, couleurs, paysages, religions, cuisines et cultures), sa place dans l’économie américaine et mondiale, sa représentation dans de grandes activités sportives, ses grandes universités et l’esprit d’entreprendre qui fait partie de ses fondations. Mes endroits favoris sont: Venice Beach pour son côté bohémien et l’humilité de ses habitants, Carmel By the Sea pour la pureté de son air marin et la beauté de ses paysages (mer, soleil, sapins, chevaux et rochers), San Francisco pour son charme victorien et sa population cosmopolite et enfin Lake Tahoe pour la beauté de son lac blue lagoon et ses forêts. La vie est différente que vous soyez au Nord, au Centre ouau Sud de la Californie. Si vous voulez en savoir plus, je vous invite à regarder notre vidéo sur la Californie sur notre site web
et mes aventures en Californie sur mon blog personnel
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Leaderdhom :
« Je te laisse le mot de la fin pour un conseil, une astuce ou anecdote…. »Je terminerais notre interview en donnant quelques conseils aux personnes intéressées par une expatriation aux Etats-Unis. Dans la situation économique actuelle, si vous voulez démarrer une entreprise, vivre et travailler aux Etats-Unis, je vous suggère de : Visiter ce pays en tant que touriste ou étudiant avant de chercher à vous installer définitivement, développer au préalable un solide réseau de contacts, de prendre le temps d’analyser votre marché et vos clients, d’arriver avec un projet à valeur ajoutée pour votre clientèle et les Etats-Unis (un concept qui fonctionne ailleurs ne sera pas forcement un succès aux USA), de prendre le temps d’apprendre l’anglais et le monde des affaires aux U.S., d’aller au-delà des approches conventionnelles et de vous préparer moralement et financièrement.
Propos recueillis par leaderdhom le 15/08/09